Victor VASARELY,

de son vrai nom Vásárhelyi Győző  

1974-Monographie-de-Victor-Vasarely-3e-tome[1]

est un plasticien français d’origine hongroise,

reconnu étant le père de l’art optique ou OP ART.

117314[1]

Victor Vasarely est un artiste tout à fait singulier dans l'histoire de l'art du XXème siècle.
Accédant à la notoriété de son vivant, il se distingue dans l'art contemporain par
l'aboutissement exceptionnel auquel il a conduit la peinture abstraite géométrique, sous le nom de cinétisme.

2vasarelyoct034[1]

Toute son œuvre s'inscrit dans une grande cohérence, de l'évolution de son art graphique jusqu'à sa détermination pour promouvoir un art social, accessible à tous.

4vasarelyaout051[1]

L'Art de demain sera trésor commun ou ne sera pas" Les œuvres de Vasarely ont atteint une diffusion mondiale .

A Paris, les millions de visiteurs de Beaubourg connaissent bien

le portrait géant de Georges Pompidou 

accroché dans le hall d'entrée.

1pomp[1]

Ses débuts en Hongrie.

1925 : Il suivit une formation en médecine pendant deux ans qu’il interrompit pour des études d’art. De cette période, Vasarely a gardé son esprit mathématique, une volonté de méthode, d’objectivité, une soif de connaissance… proche du monde scientifique. Cette période fut capitale pour lui. Il analysa et évoqua sa fascination pour les lignes en topologie, les isobares des cartes météorologiques et les formes changeantes observées à partir des trains.

1929 : Il s’intéressa alors à l’art abstrait et suivit l’enseignement du Bauhaus au Mühely de Budapest. . Il y suit les cours d'Alexandre Bortnyik. C'est là qu'il s'initie aux tendances constructivistes, en particulier et qu'il découvre tout ce que l'art abstrait a produit d'essentiel depuis 20 ans : "C'est le grand changement de ma vie. J'ai rencontré une forme d'abstraction".

Image1

Alors âgé de 23 ans, Vasarely est un jeune dessinateur admiré mais extrêmement réaliste. Ses études du Bauhaus le confrontent pour la première fois à une réflexion esthétique avec la mise en avant des principes de composition et des problèmes d’ordre abstrait. Ceux ci exigeaient une réduction et simplification du langage pictural et une recherche complexe de la composition.

Image3

 Sa première exposition personnelle a lieu à Budapest en 1930. Image4
Dessinateur surdoué, il gagne un concours d'affiche dont le prix lui permet de venir s'installer à Paris en 1931.

6vasarelyjanv072[1]

Paris.

Là, il travaille  en tant que graphiste au service de la publicité et de l'affiche pour l'agence Havas notamment mais poursuit en même temps ses recherches picturales sur la couleur, la forme, la lumière. Ses toiles exposées à Paris dans les années quarante sont cubistes, expressionnistes, surréalistes.
Il évolua à partir de la fin des années 1940 vers une abstraction qui traduisit bientôt son intérêt pour les effets de cinétisme optique suggérés par la superposition de trames, l'organisation systématique de la surface, les contrastes noir-blanc et colorés.

6vasarelyjanv073[1]

De 1930 à 1939, il entreprit ses premières recherches personnelles dans une période graphique qui exprima un art formé presque exclusivement de dessins en noir et blanc dans lesquels se devinaient déjà les germes de ses réalisations futures qui lui donnèrent plus tard l’existence de son propre alphabet plastique. Dans cette période de créations nouvelles, VASARELY s’intéressa aux déformations axonométriques qu’il appliquait à des formes relevant de la réalité sensible, en obtenant les effets spectaculaires des déviations de lignes ou des déformations de surfaces régulières qui créaient une illusion de formes ou de volumes.

En 1930, il se marie avec Claire qu’il avait fait connaissance au Mühely.

En 1931, nait son 1er fils André. Il commence à travailler comme artiste graphiste dans différentes agences publicitaires. Vasarely songe à fonder une école inspirée des idées du Bauhaus et élabore une méthode didactique avec des feuilles d’exercices pour l’apprentissage des différentes techniques graphiques. Il commence des recherches systématiques sur les effets optiques du graphisme, expérimente avec des stries, des réseaux linéaires, des motifs de damier. Il appellera plus tard ces études « répertoire fondamental ».

1934 : naissance de son fils Jean-Pierre, qui prit plus tard le pseudonyme d’artiste Yvaral.

Op art, art cinétique ou « optique », est un terme utilisé pour décrire certaines peintres qui exploitent la faillibilité de l’œil à travers des illusions optiques. Les œuvres Op art sont en général abstraites. Les pièces les plus connues sont réalisées en noir et blanc et donnent l’impression de mouvement, d’éclat de lumière et de vibration, ou alternativement de ballonnement et de gauchissement.

1940 : Vasarely fait la connaissance de Denise René avec laquelle il collabore jusqu’en 1975. Il effectue son premier travail majeur : Zebra en 1940, considéré aujourd’hui comme le premier travail dans le genre Op’ Art.

5vasarelyoct052[1]Image5

1942 : Il quitte Paris pour St-Céré dans le département du Lot où il reste deux ans et s’intéresse surtout à la peinture.

1944 ; Vasarely participe à la fondation de la Galerie Denise René à Paris.

En près de soixante-dix ans d’activité, la galeriste Denise René aura accompagné l’histoire de l’abstraction géométrique. Si l’histoire du cubisme ne pourrait s’écrire sans le marchand Daniel-Henry Kahnweiler, celle de l’abstraction géométrique et du cinétisme ne saurait se passer de Denise Bleibtreu, alias Denise René. Ce n’est pas juste la longévité de la doyenne des galeristes d’art qui force le respect, mais sa manière de garder la ligne, indéfectiblement. Alors que le monde a changé, cette femme tonique reste polarisée sur une esthétique pour certains démodée. « Quand je m’engage, je reste fidèle, explique-t-elle. J’y crois même quand les autres n’y croient plus. » A priori rien ne destinait une jeune bourgeoise de gauche à muter en galeriste engagée. Tout d’abord, il y eut la rencontre décisive de son mentor, l’artiste Victor Vasarely, qui lui conseillera en 1944 de transformer en galerie l’atelier de mode.

 C’est là qu’auront lieu beaucoup des grandes expositions qui ont ponctué les différentes phases de son œuvre. Lors de l’ouverture de la Galerie, il présenta des dessins, des études graphiques et des travaux publicitaires, des tableaux à l’huile d’influence cubiste, futuriste et surréaliste, qu’il qualifiera plus tard de  fausses routes ».

1947 : élaboration d’un langage géométrique abstrait personnel. Vasarely utilise ses expériences visuelles quotidiennes qu’il fait ensuite évoluer vers l’abstrait.

8_Vasarely_oct072[1]

 Il faut citer comme étapes importantes son séjour à Belle-Isle : tableaux : Falaises de Belle-Isle 1947, Méandres Belle-Isle 1951, Banghor 1954

Les surfaces carrelées et craquelées de la station de métro Denfert-Rochereau, sur lesquelles il avait l’impression de lire des paysages, lui inspira ses travaux « Denfert ».Tableaux 1958 Sian 2, 1952 Darjeeling, 1951 Pompari

 Dans le village de Gordes,

Image8

les maisons imbriquées les unes dans les autres lui donnent, vues de loin, « l’impression de formes multiples flottantes ». Il analyse alors la vision stéréoscopique, fait un travail sur les irritations optiques, les images mobiles et la perspective axonométrique. Tableau : dé axonométrique 1958.

Il y avait dans les murs épais de sa ferme de Gordes, une petite fenêtre de 30 cm de largeur seulement sur 60 cm de profondeur. La fenêtre formait un cube dont l’apparence se modifiait constamment selon la lumière du soleil. Décrivant cette expérience il écrit : « Le cube axonométrique était là, mobile, vibrait, il me parlait éloquemment tout en étant la chose la plus simple qu’on puisse imaginer. Lorsque au contraire, je me trouvais dehors, mon cube devenait d’une profondeur insondable... j’en apercevais le double aspect, blanc et noir, positif-négatif … L’opposition du noir et blanc est devenue dès ce moment-là une de mes préoccupations capitales, et qui allait me mener un peu plus tard directement au cinétisme. »

Image9

Dans les œuvres issues des expériences visuelles vécues à Gordes, Vasarely continua à développer 2 thèmes majeurs : l’ambigüité des plans et la perception des volumes.

Image22

 Le tableau Pamir (1950) présente les éléments caractéristiques de la période Gordes-Cristal.

Il simplifie les moyens picturaux et utilise une composition claire  avec un nombre restreint de formes et de couleurs. Y voisinent de grands aplats de jaune de chrome, vert cobalt et noir profond. La géométrie du tableau donne une impression de vie, les formes quadrangulaires et ovales s’ouvrent par glissements légers. La surface du tableau s’anime d’un mouvement et donne l’impression d’espaces décalés. Ainsi, selon le point du tableau que l’on fixe, le motif noir parait se situer soit derrière, soit devant le jaune. Les volumes incertains sur le tableau ne laissent aucun répit au regard.

 1951 : Il déménage pour Arcueil. Réalisation de l’importante période : « Noir et Blanc ».

Exposition de « photographismes » composée de  grands agrandissements photographiques de dessins en noir et blanc réalisés à l’encre de chine  pouvant atteindre des formats de 3 mètres sur 5 et qui pouvaient occuper des murs entiers. Dans l’exposition « Formes et couleurs murales » chez Denise René, début des « tableaux profonds cinétiques » : composition en noir et blanc sur feuilles de plexiglas. Dans le principe photographique Vasarely menait des expériences avec les positifs et négatifs de ses dessins striés. Il les posait les uns sur les autres sur le sol, de manière à ce que se forme une surface noire qui se mettait à se décaler au moindre contact. Pour fixer ce jeu de structures changeantes, il attachait les deux photogrammes sur deux feuilles de plexiglas distantes de 5 cm l’une de l’autre.

Avec ces « tableaux profonds cinétiques » Vasarely fait participer pour la première fois le spectateur qui se déplace devant l’œuvre créant ainsi un tableau nouveau à chaque fois différent. Torke 1957

Image23

1954 : Premières « Intégrations architectoniques » sur le campus de l’université de Caracas au Venezuela.

L'Art cinétique.

Ce courant, né des tendances constructivistes, a pour but de mettre l’art en mouvement. Les principaux caractères de cet art sont une géométrie qui fatigue l’œil, la participation du spectateur par manipulation directe des éléments de l’œuvre ou par son seul déplacement devant elle et l’emploi de matériaux modernes

vasarely[1] (5)

1955 : Vasarely initie « le mouvement », une exposition de groupe qui aura lieu chez Denise René et qui fera scandale. Elle a pour sujet une réflexion sur la cinétique. Les contrastes aigus noirs-blancs, l’insoutenable vibration des couleurs complémentaires, le papillonnement des réseaux et des structures n’ont pas un rôle pour émerveiller ou de plonger dans une douce mélancolie mais de stimuler. Ses messages optiques visent à ce qu’un tableau soit « vécu ».

Image24

Parution du « Manifeste jaune » dans lequel Vasarely explique ses théories concernant la création d’un langage pictural cinétique qui repose sur l’agencement de séries d’éléments géométriques fondamentaux.

1955 : Il esquisse aussi les possibilités de leur recréation, de leur diffusion et de leur intégration. L’artiste est à partir de là universellement reconnu. Honneurs et prix se succèdent. Vasarely participe à des expositions de groupe d’importance internationale.

1959 : Il dépose un brevet pour son système de « l’unité plastique », élément pictural fondamental composé d’un carré dans lequel est inséré une figure géométrique de couleur. Ses éléments constitutifs fournissent à la manière des lettres d’un alphabet, les bases combinatoires de couleurs et de formes inépuisables pour des séries d’œuvres telles « Folklore planétaire »,

« permutations »

Image10

et « algorithmes ».

( un algorithme est une suite finie et non-ambiguë d’opérations permettant de donner la réponse à un problème.) 

Image12

Le Folklore planétaire.

" L'idée de folklore planétaire doit être maintenant plus explicite : à une civilisation mondiale doit correspondre un langage plastique mondial, simple, beau et acceptable par tous".
Vasarely  propose un nouveau langage  basé sur des unités plastiques reproductibles et colorisables à l'infini : le folklore planétaire. À l’élément de base, un carré jouant en tant que fond et contenant une forme géométrique (un carré plus petit, un cercle, une ellipse, un rectangle, un triangle, un losange, etc.), s’ajoute, dans un désir d’analogie avec les sciences modernes, l’action de la couleur, qui est utilisée à plat et de manière uniforme à l’intérieur de chaque élément, donnant un nombre infini de combinaisons possibles (les « formes-couleurs »). Ces propositions veulent être la première programmation importante d’une plasticité structuraliste permettant une ouverture vers la cybernétique.
"Je rêve d'une continuité dialectique des valeurs plastiques, de leur étalement sous toutes les latitudes, de leur diversification au niveau des ethnies, et enfin de leur acceptation à l'échelle de l'individu."

Son « Folklore planétaire » achevé en 1964 révéla un éblouissant kaléidoscope. Tout son Art consistait à mettre en perspective des formes géométriques, pour créer une impression de volume concave ou convexe, ou une impression de vague ou de creux.

Image11

1960 : Vasarely soutient la fondation du « Groupe de recherche d’art visuel » auquel participe son fils Yvaral, qui sera dissout en 1968.

1961 : Il quitte son atelier d’Arcueil pour s’installer à Annet-sur-Marne.

1961 : Dans le même temps, il exposa son célèbre « Hommage à MALEVITCH », Kazimir Severinovitch né à Kiev (Ukraine, Empire russe) le 23 février 1879 de parents d'origine polonaise et décédé le 15 mai 1935 à Léningrad, est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch fut le créateur d'un courant artistique dénommé par lui : « suprématisme ».

Image13

« Hommage à MALEVITCH » est une œuvre clé de Vasarely. C’est le premier tableau d’où tout lien avec l’objet est absent. Cela signifie que l’artiste avait dépassé la notion statique du plan géométrique. 

Vasarely voulait  faire comprendre au spectateur, qu’en pivotant sur un axe, on pouvait découvrir qu’un carré devenait un losange, ou qu’un cercle ressemblait à une ellipse.

Image16

1963 : Exposition sur « l’unité plastique » au musée d’Arts Décoratifs à Paris.

1964. Il reçoit le prix Guggenheim à New York. Naissance des périodes architechturales telles que « Hommage à l’exagone » à partir du dé axonométrique et du dé de Kepler qui sera suivi des périodes « Tridim » et « Bidim ». Nombreuses expositions individuelles.

1965 : Participation à l’exposition de Op’Art « The Responsive Eye » au Museum of Modern Art à New York.

1967 : Succès extraordinaire de ses travaux présentés à l’exposition Op’Art « Lumières et Mouvement » au Musée d’Art Moderne à Paris. Il produit et diffuse ses œuvres en très nombreux tirages  et variations, sous formes multiples, sérigraphies, tapisseries et compositions dimensionnelles. Il crée d’autres intégrations architectoniques : université polytechnique de Essen (1965), anneaux de vitesse de Grenoble ( 1968).

Il travaille sur les « Vega » dont le principe repose sur l’illusion de spatialité donnée par des formes très amplifiées et sur les « Vonal », compositions stéréoscopiques reposant sur le trait.

1970 : Ouverture du Musée didactique de Gordes.  

Image20

Image21

 Il réalise aussi de nombreuses intégrations architectoniques, dont les deux grandes fresques de la gare Montparnasse  à paris

Image14

(1971) et la façade de RTL.

Image15

En 1970, son exposition « Polychromies multidimensionnelles » devint l’aboutissement de ses recherches pour nous faire découvrir « l’hommage à l’hexagone ». Dans ce tableau, les espaces multiples qui se forment dans la vision du spectateur, s’annihilent sous la poussée des espaces voisins. Le plan devient espace, et l’espace se ramène au plan.

 

L’œuvre « Vega-Zett 04 » crée en 1971, nous exprime tout le talent de l’artiste qui déforma les côtés d’un carré, en lui donnant un aspect de boule qui cherche à se réaliser en offrant à la pupille curieuse d’autres carrés plus petits qui subissent la même pression au centre du motif principal, en exposant dans leur surface respective des cercles blancs, gris ou bleus qui s’harmonisent avec esthétisme avec le fond rouge du carré principal.

vasarely[1]

Les alentours de cette surface centrale déformée avec une majestueuse symétrie reçoivent eux aussi la même poussée pour poursuivre vers les angles du tableau cette impression « d’arrondi » parfaitement symétrique, en laissant admirer un dégradé bleu du plus bel effet.

1972 : création du logo de Renault par son fils YVARAL

grâce à l’inspiration des œuvres de Vasarely dont Torony-N 1970, Izzo-MC 1969.

Image17

victor-vasarely-artwork-medium-61259[1]

1976 : Inauguration de la Fondation Vasarely à Aix en Provence, dont il va lui-même dessiner les plans et financer la construction. La fondation est destinée à matérialiser sa vision architecturale de la cité et se consacrer à la théorie et la recherche. A Aix, l’œuvre est intégrée à l’architecture, on a plus le tableau que l’on accroche au mur. Le mur soutient l’œuvre d’Art.

Image18

 L’œuvre « hexagone » révèle le plan de la Fondation. En observant cette œuvre, on compte  16 hexagones correspondant aux différents bâtiments, 7 salles d’expositions, 42 œuvres = 6 côtés par hexagones X 7 salles.

Image19

1976 : Installation du Grand Portrait en relief de Georges Pompidou au Centre Beaubourg à Paris.

Inauguration à Pécs, dans sa maison natale, du musée Vasarely.

victor-vasarely-orion-k[1]

1987 : Inauguration du Musée Vasarely au Château Zichy à Budapest.

1996 : fermeture du Musée de Gordes

1997 : Victor Vasarely décède le 14 mars à Paris.

vasarely[1] (3)

Recherches réalisées par DomiDessins d'après textes et photos issus d'internet